Mercredi, 30. Mai 2012

Dernière mise à jour 20 Apr 19:45

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Nous dérivons vers une République autoritaire

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Monsieur Sarkozy ne s'embarrasse même plus des institutions de la République. Il pense incarner tout seul la République. Les pays étrangers nous raillent, les organisations internationales nous condamnent, la France devient « hors la loi ». 

Comme 116 députés socialistes, et plusieurs autres députés d'autres groupes politiques, je n'ai pas pu m'exprimer ce matin à l'Assemblée nationale, car, M. Accoyer, aux ordres, a décidé que le vote sur la loi des retraites aurait lieu à 15h00. Il a bafoué la Constitution.

Comme député de la nation, la Constitution me reconnaît le droit individuel d'expression au Parlement. M. Accoyer a bafoué les règles constitutionnelles, il doit donc démissionner.

Je voulais dire que les retraites sont notre avenir et notre bien commun, que le Parlement a la responsabilité de leur octroyer des ressources stables et sécurisées.

Je voulais dire que cette réforme est injuste et irresponsable, car le recul de l'âge de la retraite aura pour effet de pénaliser des salariés ayant commencé à travailler tôt.

Je voulais dire que les femmes aux carrières souvent incomplètes, les précaires, les jeunes qui entrent tard dans la vie professionnelle, devront attendre 67 ans pour atteindre une retraite à taux plein, alors que 65% des salariés de plus de 50 ans n'ont plus accès à l'emploi.

Je voulais dire qu'il convenait de tenir compte de la pénibilité de certains métiers. Comment un chauffeur routier peut-il travailler jusqu'à 67 ans ?

Je voulais dire que je préconisais la mise à contribution de tous les revenus du capital en contrepartie d'une hausse modérée et étalée dans les temps des cotisations sociales et patronales.

Je voulais dire que les français devaient pouvoir maîtriser l'organisation de tous les temps de leur vie.

Je n'ai pas pu le dire, c'est très grave.... car les habitants de la 6e circonscription m'ont élu pour les défendre.

C'est la première fois depuis 24 ans que je suis élu que l’on renie mon droit à l’expression, c'est terrible pour la France car notre pays, berceau de la République, pays des droits de l'Homme et du Citoyen est en train de dériver vers une République autoritaire.