Présentation de la séance
Transformation et consommation d’énergie vont de paire avec le développement de l’humanité. Bois pour le chauffage, traction animale pour les transports, vent et eau pour l’énergie mécanique, « huile de pierre » (petroleum) pour s’éclairer et pour assurer l’étanchéité des voiliers, l’usage de l’énergie est immémorial. Ce qui change, c’est le type d’énergie employée. A partir du 19ème siècle et l’invention de la machine à vapeur, le charbon se généralise. Pétrole, gaz et nucléaire sont des énergies du 20ème siècle. La consommation mondiale d’énergie primaire est, actuellement, de 11,434 milliards de tonnes équivalent pétrole. Elle requiert les combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) à hauteur de 81%, l’uranium (combustible minéral) pour 6,3% et les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie et surtout l’hydraulique (2%) et la biomasse (10%) dont le bois) pour 12.7%*. Si la consommation des pays développés se stabilise, celle des pays en voie de développement continue de croître. Vu le doublement prévu de la population mondiale d’ici 2050, la demande en énergie devrait être multipliée de 1,5 à 3 à cette date et de 2 à 5 en 2100. Dès lors, le monde sera confronté à deux problèmes principaux au cours du 21ème siècle : la limitation des réserves en énergies fossiles et l’effet de serre.
Au rythme actuel, les réserves sont de 40 ans maximum pour le pétrole, 60 ans pour le gaz et 250 ans pour le charbon. Le problème est d’autant plus préoccupant que les combustibles fossiles sont encore difficilement remplaçables dans de nombreuses activités (transports routier et aérien, chauffage des bâtiments). La raréfaction des ressources fossiles pèse, en conséquence, sur l’avenir de nos économies. Parallèlement, se pose aussi la question du partage de ces ressources énergétiques. Rappelons qu’un habitant des États-Unis consomme chaque année huit tonnes de pétrole, un Européen quatre, un Indien une demie, un Africain une quantité minime. Rappelons aussi que les ressources sont inégalement réparties sur la planète. Les réserves de pétrole sont situées dans les pays de l’OPEP, celles de gaz en ex-URSS et en Iran, celles de charbon sont moins concentrées (ex-URSS, USA, Chine, Australie, Allemagne, Inde, Afrique du sud, Pologne). La géographie des ressources révèle ici un lien fort entre le souci de garantir la pérennité des approvisionnements et la géostratégie mondiale et ses conflits armés. La question énergétique est, plus que jamais, lourde de conséquences sur la stabilité politique et la paix dans le monde. Pour finir, l’énergie est aussi devenue primordiale pour l’avenir de l’humanité. En effet, les gaz à effet de serre représentent l’une des menaces globales les plus graves à court terme. Or, leur émission est liée pour 80% à la consommation d’énergie, en particulier celle des combustibles fossiles. La question énergétique révèle ici que notre modèle de développement est dangereux pour notre survie en plus d’être irréaliste à l’échelle de la planète, compte tenu de la limitation des ressources disponibles.
Une première solution consiste à agir sur les besoins en utilisant l'énergie plus rationnellement. Ainsi, la loi d'orientation sur l'énergie du 13 juillet 2005 se donne pour objectif de réduire de 2 % par an d'ici 2015 et de 2,5 % d'ici 2030 l'intensité énergétique française, c'est-à-dire le rapport entre consommation d'énergie et croissance économique. Une seconde solution consiste à modifier les sources d’énergie employées. Le renouvellement des équipements mondiaux est l’occasion de repenser le choix entre les énergies fossiles, minérale et renouvelables. Reste à savoir qui décide et sur quels critères. Quels modes de gestion établir ? Quelles règles de partage ? Faut-il considérer les ressources énergétiques comme des marchandises comme les autres ou comme un bien commun de l’humanité ? Force est de constater que la question énergétique a, jusqu’à présent, largement échappé au débat démocratique. L’énergie est pourtant une réalité qui dicte nos modes de développement et donc nos modes de vie. Dans quel monde voulons-nous vivre et quel monde voulons-nous léguer aux générations futures ?
*chiffres 2005 source IEA
Avec la particpation de Bertrand BARRÉ : diplômé de l’ENSMIN (Mines de Nancy), titulaire d’un DEA de physique du solide et auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), conseiller auprès de la Présidente du Directoire d’AREVA, Chairman de l’International Nuclear Energy Academy (INEA), professeur émérite à l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN), ancien attaché nucléaire près de l’Ambassade de France aux États-Unis, ancien directeur des Réacteurs nucléaires au CEA, ancien président de la Société française de l’énergie nucléaire (SFEN) de l’European Nuclear Sociéty (ENS) et de l’International Nuclear Societies Council (INSC), Fellow et ancien membre du Board de l’American Nuclear Society (ANS) et Vice-Chairman du Conseil scientifique et technique EURATOM. Site : http://www.bertrandbarre.com/
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Plan de la séance
11h-12.15 : Bertrand Barré
- I. L’énergie entre les besoins du développement et les contraintes de l’environnement
A. Énergie et développement
B. La menace climatique : que sait-on en 2008 ?
C. Sortir du dilemme
- II. Le tour du monde des énergies
A. Le pétrole (ressources, peak oil, prix)
B. Le gaz. Géopolitique des hydrocarbures
C. Le retour en force du charbon
D. Les énergies renouvelables
E. « Renaissance » du nucléaire ?
- III. Débat entre Bertrand BARRÉ et Jean-Yves LE DEAUT
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Bibliographie
Collectif, « La bataille de l'énergie », Questions internationales n°24, Paris : La Documentation française : 2007.
Loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique (NOR: ECOX0400059L), Journal Officiel n° 163 du 14 juillet 2005, page 11570
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ECOX0400059L
Christian Bataille, Claude Birraux, « Les nouvelles technologies de l'énergie et la séquestration du CO2 », Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, Rapport n° 2965 (AS) & n° 254(S), mars 2006. http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i2965.asp
Pierre Castillon, Mac Lesggy, Edgar Morin, Rapport du Comité des Sages, remis à Nicole Fontaine, ministre déléguée à l’Industrie, 12 septembre 2003 : www.debat-energie.gouv.fr
Jean-Marc Jancovici, Alain Grandjean, « Le Plein s’il vous plaît », Paris : Le Seuil, 2006.
Commission européenne, Livre vert « Une stratégie européenne pour une énergie sûre, compétitive et durable » COM(2006) 105, Bruxelles, mars 2006. http://europa.eu.int/comm/off/green/indexˍfr.htm
Commission européenne, Livre vert « sur l’efficacité énergétique ou Comment consommer mieux avec moins » COM(2005) 265 final, Bruxelles, juin 2005. http://europa.eu.int/comm/off/green/indexˍfr.htm
Commission européenne, Livre blanc, « La Politique européenne des transports à l’horizon 2010 : l’heure des choix », Bruxelles, 2001. http://europa.eu.int/comm/transport/whiteˍpaper/documents/indexˍfr.htm
« Europe : le défi énergétique. Une dépendance croissante. L’Europe au pied du mur », Alternatives économiques, n°245, mars 2006
« Petit mémento énergétique. Eléments pour un débat sur l’énergie en France », Les cahiers de Global Chance, n° hors série, janvier 2003. http://www.agora21.org/bibliotheque.html
www.iea.org : le site de l’Agence internationale de l’énergie ; www.debat-energie.gouv.fr : le site officiel sur le débat initié par le gouvernement ; www.manicore.com : le site de Jean-Marc Jancovici, président du comité consultatif du débat national sur l’énergie ; www.vrai-debat.org : le site du collectif d’ONG « Energies : le vrai débat », en réaction au débat officiel ; www.negawatt.org : le site de l’association Négawatt « pour un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable » ; www.energiesosfutur.org : association sur le droit universel à l’énergie.















