Ce matin, Jean-Pierre Masseret et
Laurent Hénart ont pu s'exprimer à l'invitation du Medef de Meurthe-et-Moselle
devant un parterre de chefs d'entreprises sur leur projet de politique économique
pour la Lorraine. Au-delà d'une litanie de mots et de promesses, l'exercice de Laurent
Hénart pêchait sur trois points principaux.
Il a promis de s'engager sur des objectifs déjà réalisés !
Nous n'avons pas attendu une politique de l'Etat, lente à se mettre en œuvre
pendant la crise, sur l'instauration de contrats de transition professionnelle
pour nous engager dans cette voie. Nous avons augmenté les contrats
d'apprentissage signés de plus de 40 % depuis 2004. Contrairement aux
affirmations du candidat UMP, c'est bien la région Lorraine qui a mis en place
une alternative au chômage partiel.
Nous n'avons pas attendu non plus
Monsieur Hénart pour mettre en place une politique de filières : matériaux
nouveaux, fibres, chimie verte, éco-construction, aéronautique, biotechnologies,
médicaments et soins à la personne, dépollution des friches industrielles,
recyclage des déchets, biomasse de seconde génération, filière bois,
transformation des productions agricoles en Lorraine...
Par ailleurs, Monsieur Hénart
s'appuie sur des aides que l'Etat ne manquerait pas d'apporter à la Lorraine
pour financer les grandes infrastructures, notamment dans le domaine
universitaire. Il base toute sa cuisine
sur la sauce grand emprunt. Il fait
comme s'il était le père Noël mais malheureusement sa hotte est vide. Les
résultats des aides spécifiques de l'Etat, sur le plan campus par exemple, nous
rendent beaucoup moins optimistes que lui. Quand Nancy et Metz bénéficieraient
de 90 millions d'euros, c'est 350 millions qui vont à Montpellier, 450 à Strasbourg,
Toulouse ou Bordeaux...
Monsieur Hénart, grand maître dans l'art de l'esquive, n'a toujours
pas indiqué ce qu'il pensait de la gare de Vandières, ni comment il allait
financer sa proposition loufoque de voie express Nancy-Metz-Thionville passant
par les champs de colza. Il ne dit rien non plus sur la manière dont il va
compenser les pertes d'emplois industriels (30 000 depuis 6 ans). Il affirme
vouloir redonner plus de pouvoir économique aux régions, sans dire comment et à
l'inverse des choix opérés par le gouvernement dont il a fait partie. Enfin,
nous sommes particulièrement curieux de connaître la manière dont il
compterait, pour sa part, articuler la politique régionale de la recherche, de
l'innovation et du développement économique.