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"La Lorraine connait actuellement une grave crise industrielle.
Les décisions de TOTAL à Carling, de MITTAL à Gandrange, ou de KLEBER à Toul qui n'hésitent pas à démanteler les filières industrielles lorraines, en sont les exemples les plus douloureux. Le cas de SIGNET à Jarville cité par mon collègue Hervé FERON illustre également ce démantèlement.
La Lorraine aura perdu prés de 4 500 emplois industriels dans la seule année 2007, soit une perte de prés de 11% des emplois industriels au niveau national.
Le Président de la République a déclaré « vouloir promouvoir et
développer la culture industrielle et ouvrière française ». Or,
l'exemple de la Lorraine démontre qu'il n'y a pas de véritable
politique industrielle dans notre pays.
Aujourd'hui, on veut fermer KLEBER à Toul, alors que MICHELIN promet
d'injecter 130 millions d'euros pour restructurer le site et payer le
plan social. Nous pensons que ce sont les décisions du groupe MICHELIN
quelques années en arrière, qui sont responsables de cette situation.
Cette fermeture n'est pas inévitable. Pour nous le drapeau MICHELIN
doit continuer de flotter à Toul!
TOTAL veut également fermer un « VAPOCRACKER » à Carling. N'est-ce pas
le début du désengagement de TOTAL dans la pétrochimie continentale?
Cela entrainera à terme, de grosse difficultés sur le site d'INEOS
Sarralbe.
Ces jeux de dominos industriels nous inquiètent d'autant plus que les
décisions des groupes ne sont pas liés à des problèmes de surcapacité
de production, ni à des excédents d'effectifs, ou de vétusté
d'installation, pas plus que de retards technologiques entrainant des
baisses de rentabilité, mais bien à des considérations purement
stratégiques.
M. MITTAL promet hier à M. Sarkozy d'étudier le plan des syndicats
jusqu'au 1er avril. N'est-ce pas un stratagème pour laisser les esprits
se calmer avant les Municipales?
Nous ne pouvons admettre qu'un groupe qui fasse des Milliards d'euros
de résultat en 2007, ne puisse pas investir 25 millions d'euros à
Gandrange, alors que la demande d'acier ne cesse de croitre.
Cette crise serait encore plus grave si certains Lorrains ne
travaillaient pas dans les pays frontaliers : près de 60 000 Lorrains
franchissent tous les jours la frontière pour aller travailler au Grand
Duché du Luxembourg. Alors que le Luxembourg développe un grand pôle
universitaire et de services dans le sud de son territoire avec 20 000
emplois à la clé (Esch/Belval), le développement de la partie française
à la frontière n'est qu'embryonnaire. Et les solutions proposées dans
le contrat de projet Etat/Région (13 millions d'euros de l'Etat) ne
sont pas à la hauteur de l'enjeu.
Alors quelles mesures comptez-vous prendre pour réindustrialiser la
Lorraine, pour aider non seulement les bassins d'emplois concernés,
mais également l'ensemble de la Région? Le pire est que le Région
Lorraine a des projets. Mais la politique industrielle de l'Etat nous
donne l'impression d'être abandonnés.
Je reprends la question de mon collègue Michel LIEGBOTT, député de
Moselle : quelle est votre stratégie de développement dans la partie
française d'Esch/Belval?
Envisagez-vous d'implanter l'une des 10 villes durables (Eco-polis)
présentées dans le rapport Attali à la frontière avec le Luxembourg ?
La région lorraine a également développé le projet d'un grand centre
d'Eco-construction associant un Centre de Recherche qui pourrait être
le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), le Centre Scientifique et
Technique du Bâtiment (CSTB), des industriels dans le domaine des
matériaux isolants, et des universitaires. L'Etat soutiendra t-il ce
projet? Et est-il prêt à soutenir la création d'une plate forme
européenne sur l'Eco- construction?
L'Etat compte t-il créer des zones franches sur le territoire lorrain,
pour compenser le différentiel de la TVA entre les pays voisins?
Enfin l'Etat compte-t-il soutenir l'initiative de la région Lorraine
qui compte organiser des assises, dans le cadre d'un « Grenelle
industriel », dans les bassins qui ont souffert?
Compte-t-il développer le FRET ferroviaire sur le plateau lorrain en
libérant des fuseaux sur les voies ferrés du sillon mosellan pour le
TGV et le TER ? Compte-t-il enfin créer sur la zone de Jarny, proche de
l'autoroute A4, un grand centre de ferroutage?
C'est à ces questions précises, sur ces sites menacés ainsi que le
développement à terme de la Lorraine, que nous souhaitons avoir des
réponses".
Jean-Yves LE DEAUT - 29 janvier 2008
La réponse du gouvernement a été insultante.
Mme Valérie Létard, secrétaire d'État chargée de la solidarité. "Monsieur le député, il est une approche, la vôtre visiblement, qui
consiste à ne retenir que les mauvaises nouvelles pour laisser entendre
que tout irait mal et puis, il est une approche plus objective, qui
s’intéresse aussi aux bonnes nouvelles pour se faire une opinion
éclairée sur l’état de la situation.
Cette approche pourrait, par exemple, souligner les succès
industriels récents de la région lorraine en mentionnant par exemple
les contrats que vient de remporter Carbone Lorraine, pour 6 millions
d’euros, la volonté d’EGL d’exploiter 160 millions de mètres cubes de
charbon lorrain pour en extraire le gaz, ou le projet de centrale
électrique de Poweo à Toul.
Cette approche objective pourrait également mettre en lumière que le
visage de l’emploi se modifie en Lorraine, vous avez raison. Les
chiffres du chômage publiés au mois de décembre montrent une baisse de
8,4 % sur un an et cette baisse est effective dans chacun des quatre
départements de la région. De novembre 2006 à novembre 2007, cette
baisse s’illustre aussi bien chez les hommes que chez les femmes, chez
les moins de vingt-cinq ans, chez les plus de cinquante ans, chez les
vingt-cinq – quarante-neuf ans et chez les chômeurs de longue durée.
Les licenciements économiques ont diminué de plus de 30 % sur l’année
et l’offre d’emplois a augmenté de plus de 13 %.
S’il est vrai que le visage de l’emploi évolue, ces mutations sont
le signe d’une France qui veut s’appuyer sur des activités à forte
valeur ajoutée pour garder une longueur d’avance sur ses concurrents.
Ainsi, elle saura tirer partie des opportunités de la mondialisation.
C’est précisément pour faire face aux mutations économiques
internationales que la France mène une politique industrielle de grande
envergure, en s’appuyant sur la mise en avant de facteurs clés de la
compétitivité industrielle, aux premiers rangs desquels se trouve la
capacité d’innovation par la recherche-développement. À cet effet, le
crédit d’impôt recherche a été triplé par Christine Lagarde ; il
constitue aujourd’hui l’un des outils d’attractivité les plus
performants au monde.
Cette volonté de nous appuyer sur une politique industrielle
d’envergure dessine le contexte et les enjeux de la politique des pôles
de compétitivité. La Lorraine n’a pas été oubliée. Deux pôles lui
permettent désormais de s’appuyer sur son histoire pour préparer son
futur.
L’État soutient ces deux pôles, dont trois projets ont déjà été labellisés pour un montant de 2,5 millions d’euros.
Le MIPI réunit, autour des matériaux innovants et produits
intelligents, plus de 50 000 salariés, 1 800 chercheurs publics et
privés et les universités de Nancy et Metz. Pour tenir compte de la
réalité géographique plutôt que de percevoir la proximité de nos
voisins belges et luxembourgeois comme un handicap, ce pôle s’appuie de
manière transfrontalière sur la Wallonie et le Luxembourg, pour
concevoir, produire et transformer des matériaux performants. De la
sous-traitance automobile à l’énergie, ou au bâtiment, ce pôle répond
aux enjeux de la Lorraine et a déjà lancé trois projets de coopération.
Le pôle Fibres naturelles Grand Est, qui s’appuie tout à la fois sur
un savoir-faire lorrain et sur le tissu des PME et centré sur les
fibres, le bois, le papier, les textiles et les composites, s’appuie
sur trois cents chercheurs, quinze laboratoires et de nombreux centres
de transferts de technologie.
La Lorraine a su trouver son unité autour de ses atouts régionaux
dans ces deux pôles de compétitivité. Plutôt que d’essayer de mettre en
œuvre de nouveaux dispositifs importés de situations
différentes, il me semble aujourd’hui plus important pour la région
qu’elle conserve son unité pour faire vivre et se développer ces pôles
qui sont une chance à saisir. C’est en tout cas ce que fera le
Gouvernement."
C'est insultant, car oser dire que cela va mieux en Lorraine relève de
la magie. Comment comparer les 200 emplois créés dans ces 3 projets, au
4500 emplois supprimés?!..
Comment oser dire que l'aide de l'Etat se focalisera sur les pôles de
compétitivité, quand c'est avant tout la région lorraine qui paye la
facture et que le projet fonderie de Meuse Industrie n'a pas été retenu
par la Ministre (pas assez moderne)?!..
Finalement, avec Madame Lagarde, c'est toujours le même refrain : "tout va bien Madame la marquise"!
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