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JEAN-YVES LE DEAUT, député de Meurthe-et-Moselle          31-07-2010

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OGM : deux parlementaires lorrains à front renversé Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Publié par Jean Yves Le Déaut   
08-04-2008

28deaut.jpgVoteront-ils ensemble contre le projet de loi sur les OGM, à l'issue de cette session houleuse au Palais Bourbon ? Rien n'est impossible. De la part de Jean-Yves Le Déaut le choix s'impose. Etiqueté pro-OGM jusque dans son propre camp, le député meurthe-et-mosellan n'en garde pas moins le sens des réalités politiques. Voter pareil texte ne lui servirait à rien. D'autant qu'il le juge à côté de la plaque, considérant que le gouvernement « a manqué d'élaborer une véritable loi fondatrice sur les biotechnologiques ».Au passage, le parlementaire socialiste ne cache pas sa mauvaise humeur de n'avoir pas été consulté au moment du Grenelle. Lui qui présida en 2005 la mission d'information sur les OGM déroule, sur le sujet, un CV plutôt fourni. Adepte déclaré des biotechnologies, il les juge « utiles en matière de santé, d'environnement et d'énergie ». Il considère en outre qu'« elles seront indispensables demain, dans les domaines de l'agriculture et de l'agroalimentaire ». Et de fustiger, « la bataille entre faucheurs et chercheurs » considérant que cet affrontement a nui au développement de la « recherche publique et des bio-industries ».
A défaut d'avoir pu peser sur la rédaction finale du texte, le député PS a la conviction d'avoir marqué des points dans son propre camp. Transformant ainsi l'essai marqué en 2005. « La commission que je présidais alors avait fait voter à la quasi-unanimité un moratoire sur les cultures en plein champ, en attendant une loi fondatrice. Mais ce rapport affirmait également que la recherche devait se poursuivre, y compris en plein champ ». Cette fois, il a la preuve que le message est passé chez ses amis socialistes.
Ces critiques, François
Grosdidier les fait siennes. Sans crainte de doubler ses adversaires sur leur gauche et de se mettre bon nombre de ses amis politiques à dos, le député-maire de Woippy persiste et signe : la copie du gouvernement ainsi réécrite par le Sénat et proposée à l'examen des députés « trahit l'esprit du Grenelle ». Au diapason avec Le Déaut, le Mosellan déplore le poids réel accordé au futur comité éthique appelé à siéger au sein du Haut conseil des biotechnologies aux côtés d'un comité scientifique. Mais après son amendement sur « la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM » voté à l'unanimité la semaine dernière, il peut se féliciter de la nouvelle victoire remportée hier par les « anti » avec l'adoption d'un amendement autorisant la liberté d'expression des membres du Haut conseil. « Sur la comparaison risque/bénéfice, ça n'est jamais tout noir ou tout blanc. Il faut sortir des positions caricaturales et des débats théologiques. En ce domaine, le devoir n'est pas de se taire mais de parler » insiste-t-il.
Toujours comme son collègue socialiste, François
Grosdidier s'insurge contre la création d'un délit spécial pour la destruction des champs d'OGM, qu'il compare « à un délit d'opinion ». Enfin, il rappelle son attachement au principe de pollueur/payeur. Or, le texte du Sénat n'oblige pas les producteurs de semences à participer à l'indemnisation en cas de contamination par des OGM des récoltes de parcelles voisines. Cette indemnisation en cas de présence fortuite d'OGM au-delà du seuil de 0,9 % fixé par l'Union européenne doit être de la responsabilité de l'exploitant du champ. A moins que les députés n'infléchissent le tir. Le débat s'est poursuivi en soirée, hier.

X.B. © Le Républicain Lorrain, Mardi le 08 Avril 2008. / Infos / France
 
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