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Pont-à-Mousson, le 28 janvier 2009
Monsieur Brice HORTEFEUX
Ministre du Travail, des Relations sociales,
de la Famille, de la Solidarité et de la Ville
127 rue de Grenelle
75007 PARIS
Monsieur le Ministre,
Je tiens à porter à votre connaissance deux dossiers concernant des personnes que j’ai reçues à ma permanence et qui soulèvent de graves problèmes liés à l’emploi. Ces situations, bien que différentes, touchent aux mêmes problèmes et sont proprement scandaleuses.
Dans le premier cas, il s’agit d’une femme de 59 ans. Cette femme
travaillait dans une grande surface où, alors qu’elle remplissait les
rayons, est tombée d’un escabeau. Après une période d’indemnisation
pour accident du travail, cette dame a dû réintégrer son entreprise.
Les postes de reclassement qui lui ont été proposés ne correspondaient
pas à son aptitude puisqu’elle ne peut plus porter de charge. Elle a
donc été licenciée. Elle avait 57 ans et demi. Les conseillers ANPE lui
ont indiqué ne pas lui proposer de formation vu son âge. Elle a donc
perçu l’allocation chômage. Arrivée en fin de droits, elle bénéficie
aujourd’hui de l’ASS pour un montant mensuel de 120 €. Cette femme a
élevé 4 enfants. Cette famille s’est serré la ceinture pour financer
leurs études ; ils n’ont pas d’économie et n’ont toujours pas fini
leurs crédits. Elle travaille depuis l’âge de 14 ans, même si elle n’a
été déclarée qu’en 1965. Aujourd’hui, et alors qu’elle totalise les
trimestres nécessaires pour prétendre à la retraite, cette femme se
retrouve avec 120 € pour vivre chaque mois. Elle ne peut en effet pas
bénéficier de l’Allocation Equivalent Retraite que vous venez de
supprimer.
Dans le deuxième cas, il s’agit d’un homme de 38 ans, licencié
économique suite à la fermeture du cabinet de radiologie dans lequel il
exerçait. Non diplômé, cet homme souhaite obtenir le diplôme de
manipulateur-radio. Il n’existe pas de VAE pour ce métier. La formation
dure 3 ans, pour un coût de 3 000 € annuel. Ce demandeur d’emploi a
frappé à toutes les portes afin de trouver un financement, puisque
l’ARE ne couvrira qu’une année de sa formation. Sans succès. Vous venez
de supprimer l’Allocation de Fin de Formation. Cet homme, qui souhaite
et qui met tout en oeuvre pour retrouver un emploi et se former sur un
métier dit « sous tension » n’est aucunement soutenu. Il est aussi père
de famille et propriétaire et ne peut pas se retrouver sans ressources
pendant plus d’une année.
J’ai souhaité vous décrire par le détail ces deux cas précis, parce
qu’ils représentent bien le public de plus en plus nombreux qui vient
me rencontrer dans ma permanence. Ces deux cas illustrent parfaitement
les conséquences des choix faits par ce gouvernement. D’un côté, le
paquet fiscal et de l’autre, des coupes sur des mesures permettant aux
personnes privées d’emploi, à un moment donné de leur vie, de ne pas
sombrer dans la pauvreté ou de n’être pas exclu du monde du travail.
Ces coupes motivées par des raisons comptables, à court terme, sont
dommageables et sont à l’opposé de tous les propos harangués par le
Président de la République.
Je souhaiterais que vous preniez toute la mesure de ces situations et
que vous m’indiquiez quelles sont les choses mises en oeuvre ou qui le
seront par ce gouvernement pour soutenir le retour à l’emploi,
reconnaître le travail de toute une vie et lutter contre la pauvreté.
Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.
Jean-Yves LE DÉAUT
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