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Suppression de la taxe professionnelle: faute grave |
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Publié par Jean Yves Le Déaut
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04-03-2009 |
Je pense que la suppression de la taxe professionnelle (TP) dès 2010 est une faute grave et ce, pour plusieurs raisons.
C'est tout d'abord un nouveau coup de couteau porté à la
décentralisation. Nicolas Sarkozy s’apprête à supprimer une recette
majeure pour les collectivités territoriales puisque la TP représente
44% des produits de fiscalité locale de l’ensemble des collectivités.
Il veut faire porter l'essentiel de l’effort sur les collectivités
territoriales, déjà asphyxiées par des transferts de charges de l'État.
Un bel exercice de démocratie : l'État décide sans autre préalable de
faire payer les collectivités pour des allègements accordés aux
entreprises que lui seul décrète ! Le coût de la suppression de taxe
s’élèvera à plus de 26 milliards d’euros et non 8 milliards comme il
l’a annoncé. De plus, il n’a assorti cette décision d’aucune mesure
susceptible de financer la suppression de cette taxe : il s’en est tenu
à évoquer une vague « taxe carbone », sans aucune précision sur les
modalités de mise en œuvre. On peut s’étonner de cette improvisation.
Le
plus grave est que ce sont les ménages qui seront immanquablement mis à
contribution, dans une période où pourtant, l’urgence économique et
sociale est à la défense de leur pouvoir d’achat. Ce seront les
Français qui payeront la TP alors que malgré la crise, certaines
entreprises font déjà des bénéfices excessifs (TOTAL : 13 milliards
d'euros en 2008). Car si on supprime la TP, il faudra augmenter soit la
TVA (qui sera supportée par les plus modestes et par les foyers à
revenus intermédiaires), soit la taxe foncière ou la taxe d'habitation.
Il est quand même incroyable que les hypermarchés bénéficient de la
suppression de cette taxe, alors que le consommateur continue toujours
à payer aussi cher les produits qu'il achète.
Enfin, aucun
raisonnement économique ne démontre d’impact de la suppression de la TP
sur les décisions d’investissements des entreprises, et encore moins
sur les délocalisations...
Je suis favorable à une réforme
globale de la fiscalité locale, mais une telle réforme appelle mesure
et responsabilité. Je n'accepte pas ce type d’improvisation, dangereuse
pour le devenir des territoires, de la solidarité et du pouvoir d’achat
des Français. C'est la raison pour laquelle je continuerai à me battre
auprès du gouvernement pour que cette réforme ne s'applique pas de
cette manière et qu'une véritable réforme fiscale soit discutée au
Parlement.
Paris, le 4 mars 2009
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